A l’origine des idées : Entre médecine et mantique

De tous temps vouloir comprendre l’être en le regardant s’est imposé à l’humanité. Au VIIe siécle av. J.-C. cette lecture prend d’abord la forme divinatoire de l’observation des signes. Des recueils de présages assyro-babyloniens mettent en lien les caractéristiques de la forme du visage et du corps avec la prédiction de l’avenir. Ces traités traversent tout le folklore indien, le monde arabe et européen (1). Dans l’antiquité gréco-romaine toutes les couches de la population sont intéressées par ces formes de divination dont témoignent les papyrus (2).

Le statut de l’observation du corps prend dans l’antiquité gréco-romaine, deux grandes formes à partir du IV ème siècle avant J-C. La mantique léguée par les recueils de présages envisagée comme ensemble des pratiques divinatoires, les dieux adressant à travers le corps aux Hommes . Deux traité de palmomancie portent le nom de Mélampous (iiie siècle av. J.-C), un guérisseur de Thessalie,  vouant aux tressaillements involontaires du corps, palpitations, éternuements, bourdonnements d’oreille, une intervention surnaturelle (3).

L’autre forme de la lecture des signe du corps, est à l’origine du corpus médical et notamment  du corpus hippocratique (IV ème siècle av J.C) qui comprend  une théorie des humeurs en lien avec les quatre éléments fondamentaux l’air, le feu, l’eau et la terre. Ces quatre humeurs induiront quatre tempéraments différents : bilieux, atrabilaire, flegmatique et sanguin.  Un siècle plus tard un procédé, la palmoscopie recoupe le vif intérêt des médecins grecs pour l’étude du pouls. Hérophile (iiie siècle av. J.-C.) semble être le premier établir une distinction entre le pouls associé aux vaisseaux et au coeur, la palpitation le spasme et le tremblement, causés par les muscles et les nerfs. Il ne reste rien dans le corpus médical de ses approches aujourd’hui.

 

(1) Dasen, V. (2008). Le langage divinatoire du corps. Langages et métaphores du corps, 223-242. (2) Böck B., Die babylonisch-assyrische Morphoskopie (Archiv für Orientforschung Beiheft), Wien, Institut für Orientalistik der Universität Wien, 2000 (3) Franz J. G. F., Scriptores Physiognomoniae Veteres, Altenburg, Impensis Gottlob Emanuel Richteri,1780.

 

 

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