Une épistémologie des origines

Le langage corporel envisagé comme objet scientifique a été écarté de la réflexion scientifique pendant très longtemps. Ce phénomène est curieux lorsqu’on considère que c’est autour de lui que nos premières interactions sapiens se sont déroulées, qu’il régule depuis la période de la naissance les relations les plus fondamentales de bébé avec le monde avant d’être ensuite omniprésent dans nos vies de primates humains adultes. Ce phénomène devient moins curieux si nous prenons le temps de remonter jusqu’à nos grands anciens et au premier carrefour de développement des idées,  il y a maintenant 2500 ans.

Le corps et ses signes ont d’abord été décrits comme signes de l’intervention des dieux.

Parallèlement dans le sens ou la raison moderne le comprend, le langage corporel ne peut accéder au statut d’objet scientifique que sous deux conditions :

Il faut d’abord  rompre avec le postulat dualiste qu’une âme pure domine un corps soumis à ses esprits animaux. Qu’y a t-il en effet comme intérêt à investir le corps animal si l’effort de la pensée est de s’en abstraire pour se purifier ? Quel est l’intérêt d’investir la compréhension du langage corporel si elle ne dit rien de l’être lui-même. Le corps et l’esprit doivent être envisagés comme s’enrichissant par le partage d’informations. Le corps parlant de l’activité de l’esprit, et l’esprit parlant de l’activité du corps. Sans ça le langage du corps restera le langage du corps. Point.  Il ne dira rien de l’être lui-même.  L’unification du complexus corps-esprit est donc la première condition obligatoire pour qu’observer le corps puisse renseigner sur l’activité de l’esprit.

Parallèlement et c’est la deuxième condition nécessaire à l’autonomisation de l’objet langage corporel dans le champ de la science, l’activité non consciente du corps ne sera envisageable que si  l’activité de l’inconscient est reconnue. Il sera possible de postuler alors que le corps par des petits gestes apparemment inutiles, livre quelque chose de l’activité de l’esprit. Or, les théories autorisant l’activité inconsciente, sont absentes chez les grands anciens et n’émergent dans l’histoire des sciences qu’avec la modernité.

Retracer les axes de ces deux généalogies liées au rapport corps-esprit et à l’inconscient, est indispensable pour comprendre le chemin théorique synergologique.

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