L’inconscient chez Schopenhauer

Schopenhauer (1788-1860) est le penseur moderne dont la définition de l’inconscient est de fait la plus proche de ce qui permettra de penser l’inconscient corporel.

Pour Schopenhauer l’être est sujet à des affects qu’il ne contrôle pas vraiment et ses jugements prennent de manière systématique la couleur de ses passions. Des passions dont nous prenons conscience dans l’action. lI écrit : « L’intellect. — celui-ci fût-il développé jusqu’à la raison, — n’est qu’une plaisanterie par rapport à ce qui émane directement de la volonté, comme chose en soi ». Pour lui, nous avons beaucoup plus de facilité à retenir notre attention avec ce qui nous offre de la joie que ce qui nous peine, dans les termes qui ne sont pas très différents de ce que disait Spinoza. C’est le vouloir-vivre, la volonté de vivre qui nous pousse à l’action bien davantage que la raison.

Par ailleurs outre la fonction de l’inconscient qui consiste à déterminer nos choix, il met en lumière une autre de ses fonctions, celle qui nous permet de continuer à traiter des pensées inconscientes alors que notre esprit semble occupé à d’autres tâches. Grâce à cette fonction inconsciente trouvons parfois sans effort des solutions à des problèmes compliqués, simplement parce que l’esprit a travaillé à l’insu de la conscience. Il écrit dans les Perarga et Parlipomena (1851), que plus de 50 % de nos pensées sont inconscientes.

Il dévalorise tellement l’intellect c’est-à-dire la fonction consciente qu’il finit même par dire que c’est un parasite de l’organisme, la surface des choses, et c’est de manière inconsciente, à partir du corps, que nous faisons nos choix.
L’aboutissement de ce type de réflexion se fera avec Nietzsche et Freud.

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