Pour éviter les pièges de raisonnement de la kinésique

Une tentative a bien eu lieu pour construire une science du langage corporel dans les années 1950, c’est l’approche kinésique fondée par Ray Birdwhistell. Il conçu dès les années 1950, le langage corporel à partir de micro-mouvements, même s’il n’emploie pas ce mot préférant un vocabulaire emprunté à la linguistique : Il parle lui de kinèmes ou de kinémorphèmes, concevant la communication comme un système, ce qui place cette démarche au cœur du mouvement dit de Palo Alto.

Ray Birdwhistell, pense avoir créer cette science du non-verbal, jusqu’au moment où au soir de sa  vie,  il finit par conclure que son entreprise est un échec, et qu’on ne peut pas croiser les mots et les gestes…. Et il a bien raison. Obnubilé par ce désir de relier verbal et non verbal il est passé à côté d’une piste beaucoup plus féconde, celle qui veut que le langage corporel exprime directement le mouvement de la pensée. Sa réflexion se trouva de fait limitée par l’instinct du linguiste soucieux de ne pas se couper du verbe. Toute sa grille en témoignait. Or la corporéité n’est pas directement liée à la parole.  Une personne aphasique qui ne comprend plus le langage verbal continue à avoir un corps qui bouge et à penser. Une personne peut parler sans faire de mouvements ; et chaque fois que nous sommes seuls même si nous sommes silencieux notre corps vit et parle sa grammaire corporelle.

En fait, la pauvreté théorique de la kinésique est largement explicable simplement parce qu’elle n’a pas pu concevoir que Le corps n’est pas toujours langage. Ce que l’acception « non verbal » par son accpetion même interdisait de concevoir.

(1) Cité par Winkin, Y « La nouvelle communication » Ed Seuil, 1981

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